Comme toute personne qui vit aux Antilles tu as déjà mangé des gombos volontairement ou involontairement, voire sous le coup d’une menace punitive traumatisante de ton enfance. Ces petits légumes sont les incompris de la cuisine antillaise pourtant Dieu seul sait qu’ils sont bons! Je sais, on peut se laisser arrêter par leur coté un peu visqueux, les rageux diront gluant. Mais quel dommage! Il n’ont que des qualités.
Le gombo, c’est un indispensable des cuisines afro-caribéennes.
C’est un produit de la terre, de la mémoire et du partage. Il traverse les générations sans jamais perdre sa place. Bien choisi, bien préparé, il met en valeur la cuisine saine, généreuse et profondément ancrée dans nos traditions comme l’est la cuisine antillaise.
Sommaire :
- Qu’est-ce que le gombo ?
- D’où vient-il ?
- Quels sont les bienfaits du gombo?
- Comment planter le gombo à la maison?
- Comment choisir le gombo à l’achat ?
- Comment cuisiner le gombo ?
Tout d’abord, qu’est-ce que le gombo ?
Le gombo est le fruit comestible de la plante Abelmoschus esculentus, de la famille des malvacées. C’est donc un parent de l’hibiscus, il fait d’ailleurs de belles fleurs jaunes mais aussi de la groseille-pays. De forme allongée et légèrement côtelée, il est le plus souvent vert, parfois rouge selon les variétés et contient de petites graines blanches et nacrées. On le récolte vert et jeune pour préserver toute sa tendreté.
En cuisine, le gombo se consomme cru ou cuit. Quand il est cuit, il est naturellement mucilagineux. Loin d’être un défaut, cette caractéristique est très recherchée : elle permet d’épaissir sauces, ragoûts et soupes sans ajout de matière grasse ou de farine.

D’où vient-il ?
Cet incroyable héros est dit originaire d’Afrique ou d’Inde (premier pays producteur mondial avec plus de 6 millions de tonnes par an), où il est cultivé et consommé depuis des siècles. Il a voyagé à travers le Monde avec les peuples, pour s’ancrer durablement dans de nombreuses cuisines dont la nôtre. Tu as compris qu’il est présent un peu partout sur la planète.
Il a donc plusieurs noms : Gombo en Afrique ou dans les Caraïbes, Okra aux Etats-Unis, Calou en Guyane, Calalou en Haïti, Bhindi en Inde, Lady’s fingers (le plus élégant tu ne trouves pas ?), Corne grecque en Grèce ou en Turquie.
Et je t’en passe.
Chaque culture l’a adopté à sa manière, mais partout, il reste un ingrédient du quotidien, nourrissant et généreux.
Quels sont les bienfaits du gombo?
Le gombo, c’est un véritable trésor nutritionnel qui est largement utilisé dans les cuisines traditionnelles du monde entier pour ses multiples vertus. Le gombo est plein de qualités :
- riche en fibres solubles et favorise donc la digestion (et le transit, détail scatologique mais précision très importante. Il est plus efficace que n’importe quel pruneau).
- source de vitamines A, C et B9 (surtout mangé cru).
- plein de minéraux essentiels : calcium, antioxydants, potassium notamment.
- faible en calories, mais très rassasiant (C’est le meilleur ami de Sveltesse).
- réputé pour aider à la régulation de la glycémie.
C’est un légume aussi bon pour ton corps que pour ta cuisine, parfait pour une alimentation équilibrée et savoureuse.
Comment planter le gombo à la maison?
Le gombo est une plante généreuse, à condition de respecter son amour pour la chaleur. Evidemment en milieu tropical la question ne se pose pas. Mais ceux qui vivent sous des climats plus tempérés pourront quand même en bénéficier. En effet, il pousse bien en pleine terre dans le sud de l’Europe, ou en pot à l’abri d’une serre ou d’une véranda quand il fait plus froid.
Cultivé dans de nombreuses régions tropicales et subtropicales, le gombo pousse donc facilement dès lors que le climat lui est favorable.
C’est un joli arbuste qui fait de délicates fleurs jaune clair au cœur pourpre qui peuvent être décoratives.
Pour le planter à la maison, tu as le choix : acheter un plan à transplanter, acheter des graines dans le commerce ou encore, acheter des gombos assez mûrs (les plus grands), les laisser sécher puis planter les graines.
Pour des conditions idéales de culture, il te faut des températures chaudes et constantes, une exposition en plein soleil et un sol riche, meuble et bien drainé.
Petits conseils pratiques de la jardinière kwisinière:
Sème les directement en pleine terre ou en pot et arrose le régulièrement mais sans excès. Je te conseille d’ailleurs d’avoir plusieurs plants. D’une part ça favorise la fructification mais d’autre part tant que le plan est jeune, il a tendance à faire des fruits au compte-goutte. Difficile de faire une salade avec un ou deux gombos par semaine .
Enfin, récolte les gousses jeunes (8 à 10 cm) car elles sont plus tendres et moins fibreuses.
Comment choisir le gombo?
Pour profiter pleinement de sa saveur et de sa texture, le choix est essentiel. Tu n’en as pas toujours dans le jardin hein!
Je te conseille de privilégier des gombos petits à moyens et de couleur verte vive (ou rouge selon la variété) et sans taches. Les gombos trop gros (ou trop longs) sont souvent plus durs, beaucoup plus fibreux et donc moins agréables en bouche.
Leur texture doit être ferme et non flétrie : une extrémité qui casse net lorsqu’on la plie.
Comment cuisiner le gombo ?
Rentrons dans le vif du sujet on le mange comment ?
Le gombo est un ingrédient caméléon, qui se prête à une multitude de préparations gourmandes.
Il sera plus digeste s’il est cuit mais les nutriments sont mieux préservés lorsque le gombo est cru (notamment la vitamine C qui est sensible à la chaleur).
Voici une petite sélection de mes recettes favorites.
En salade
Quand il est jeune et croquant, tranché finement, cru ou légèrement blanchi, il apporte fraîcheur et originalité à n’importe quelle salade. Associé à des tomates, des christophines, des oignons, des herbes fraîches ou une sauce au citron aillée bien relevée, il prend toute sa dimension.
En ragoûts
C’est sans doute là qu’il exprime son originalité. Avec de la viande, du poisson ou des fruits de mer, le gombo donne des sauces onctueuses, riches et parfumées. Il peut être mis dans la sauce en même temps que les autres légumes ou encore tu peux les frire préalablement puis les ajouter à un ragoût.
En sautés de légumes
Rapidement sautés à la poêle, les gombos sont moelleux et à la fois croquants, un vrai délice tout à fait sain.
Dans les soupes
Le gombo apporte une texture naturellement veloutée aux soupes et bouillons, sans artifices. Un incontournable des recettes traditionnelles comme le calalou ou la soupe zabitant.
En pickles
J’ai découvert cette recette en Martinique, mais il semble qu’elle soit très prisée au Moyen-Orient. Les gombos sont mariné sdans du vinaigre, des épices et des aromates, et se transforment en condiment croquant et acidulé, parfait pour réveiller un plat ou un apéritif.
Enfin n’oublie pas, tu peux aussi les congeler. Ils se conservent parfaitement ainsi.
Et puis dans le pire des cas, tu pourras en faire un soin pour les cheveux. Oui, oui!
Voilà de quoi te convaincre que le gombo est à la fois authentique, moderne et terriblement gourmand. Je te laisse faire plein de Miaaams !
Tu as essayé cette recette? N’hésite pas à me laisser un petit commentaire ici.








Qu'en pensez-vous?