Selon les régions, on les appelle bugnes, merveilles, oreillettes…
Certaines sont fines et croustillantes, délicatement torsadées. D’autres sont plus épaisses, moelleuses, presque briochées. Mais toutes ont ce point commun : une pâte parfumée, une friture rapide, et ce voile blanc de sucre glace qui signe la gourmandise.
J’aime cette idée qu’une même recette traverse les territoires, se transforme et s’adapte… un peu comme tout dans la cuisine créole.
Ces beignets je ne les mangeais qu’une seule fois dans l’année le Mardi gras après le vidé de Fort-de-France quand nous rentrions chez mes grands-parents qui vivaient à la rue Garnier Pagès (maintenant appelée la rue colorée). Nous qui étions fatigués d’avoir tant marché et chanté, nous trouvions une montagne de beignets. Bien entendu il y avait aussi des beignets de banane. Mais ma grand-mère faisait aussi ceux-ci. Je ne lui ai jamais demandé d’où elle tenait cette recette. Peut-être l’avait-elle trouvé dans un de ses magazines qu’elle aimait tant lire… Nous Deux, Femme actuelle ou peut être Burda couturière oblige.
Le secret de ces beignets? La légèreté.
Les bugnes, c’est une pâte bien reposée, une friture à bonne température, un parfum subtil de ton choix (zeste de citron, rhum, vanille, cannelle, fleur d’oranger…). Une base simple et toujours cette petite touche locale qui fait la différence.
Elles ne demandent pas grand-chose sauf un peu d’attention. C’est une recette qui se partage (et pas seulement pour en déguster le résultat final). Les petites mains peuvent t’aider à fariner le plan de travail, à découper des losanges imparfaits et à faire une petite entaille au centre pour les torsader avec délicatesse.
Et puis vient le moment magique. Celui où la pâte gonfle dans l’huile chaude, prend cette belle couleur dorée et dégage une odeur irrésistible de beignets tout chauds… on sait déjà qu’il sera difficile d’attendre qu’elles refroidissent.

Un goût d’enfance, revisité en Sweet Kwisine.
Cette recette qui ne nécessite pas d’ingrédients difficiles à trouver est simple à faire à la maison. Je te propose une version fidèle à la tradition, mais aussi à mon souvenir personnel, signature Sweet Kwisine oblige.
A toi maintenant de retrouver tes souvenirs ou d’en créer. Déguste ces instants sucrés, ces miettes de bonheur qui restent sur les doigts.
Alors, pour faire des bugnes et faire entrer le carnaval dans la kwisine, il te faut…



Les bugnes
Ingrédients
- 500 g de farine
- 200 g de beurre mou
- 4 œufs
- 10 g de levure chimique
- 1/2 citron vert
- 1 pincée de sel
- 1 pincée de sucre en poudre
- 1 c. à soupe de rhum
- Cannelle muscade au goût
- 2 l d’huile d’arachide
- Sucre glace ou sucre cristallisé si tu n’en as pas
Instructions
- Sors le beurre du réfrigérateur à l’avance pour qu'il soit tendre.
- Râpe très finement le zeste du citron.
- Mélange la farine, le sel, la pincée de sucre et la levure.
- Incorpore les œufs un par un puis le beurre , le zeste de citron, la cannelle, la muscade et le rhum.
- Travaille bien la pâte. Laisse la reposer 1 heure au frais.
Fais chauffer l’huile à 170 °C dans une friteuse ou une casserole profonde
- Étale très finement la pâte au rouleau.
- À l’aide d’une roulette cannelée, découpe la pâte en losanges de 10 cm de côté. Réalise une entaille au centre, puis passe un des coins du losange à travers l’entaille, afin de réaliser un « nœud ».
- Plonge les morceaux de pâte par petites quantités dans la friteuse. Dès que les bugnes remontent à la surface, égoutte les et dépose les sur du papier absorbant.
- Saupoudre les bugnes de sucre glace quand elles sont encore tièdes.
Plus ta pâte sera étalée finement, plus les bugnes auront une texture croustillante. Dégustées tout chauds c’est là qu’elles sont les meilleures. Mais elles se conservent très bien dans une boîte hermétique.
Tu peux aussi faire comme moi et couper tes bugnes en simples bandelettes (sans faire de nœuds).

Tu as essayé cette recette? N’hésite pas à me laisser un petit commentaire ici.



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